Le nom

Le nom

Quel est notre nom ? Qu’est-ce que le nom ?

A priori la réponse est simple s’il s’agit de décliner son identité civile mais en dehors de ça il est tout à fait impossible d’y répondre. Nous avons un identifiant unique mais nous ne le connaissons pas.

Mon prénom ne m’identifie pas puisque d’autres ont le même. Mon nom de famille également, surtout si je m’appelle Durand. La seule chose qui nous identifie de manière unique c’est notre numéro de sécurité sociale. Mais donner un numéro à une personne cela ne la qualifie pas.

Le nom que le créateur/créatrice nous a donné dans notre « génèse » et qui correspond à l’image-pensée qu’Il/Elle a de nous, nous ne le connaissons pas. Et pourtant c’est notre vrai nom.

Il y a une raison possible au fait que nous ignorons notre nom. Cette raison tient au fait qu’une créature n’est nommée que lorsqu’elle est créée. Si donc nous considérons que notre création est en cours, qu’elle n’est pas achevée, alors nous n’avons pas encore de nom. Il ne s’agit pas de la création biologique qui est éphémère mais de la création spirituelle qui est éternelle, de la création qui fait de nous des humains nouveaux. Une fois que nous sommes créé de nouveau par une nouvelle naissance alors nos noms apparaissent sur le livre de Vie dit la Bible.

Les hébreux dans le passé se donnaient des noms qui étaient rattachés à une fonction divine ou spirituelle. Le prénom Elisabeth est la francisation du nom hébreu Elisheba qui signifie « Dieu est promesse ». Le prénom Sarah veut dire « Princesse ».

Dans mes quatre prénoms il y a celui de Jean qui est la francisation du nom hébreu Yohanan qui signifie « Dieu fait grâce » « Dieu donne ». Pour être plus près de cette logique hébraïque je devrais me faire appeler « Dieu fait grâce » et dans ce cas mon nom aurait plus de sens que Jean, qui lui ne veut rien dire.

Dans les sociétés primitives le nom n’était donné à un garçon ou une fille qu’au moment du passage à l’age adulte et avait un rapport à son caractère, sa fonction, sa position sociale, ses exploits, etc.

Si nous humains n’avons pas de nom mais un pseudonyme, les entités spirituelles, à l’inverse, possèdent un nom. Mais de quoi est fait le nom d’un être spirituel ?

Pour répondre à cette question il faut définir la nature d’un esprit en fonction de notre champ de connaissance. Cela est extrêmement compliqué si l’on considère qu’un esprit est un être multi dimensionnel qui vit au-delà de notre système spatio-temporel. Dans le monde spirituel, le temps n’est pas le notre, le passé, le présent et le futur peuvent se superposer. L’espace n’est pas non plus réduit à trois dimensions. Dans notre monde terrestre l’identification d’une personne physique par son nom est simple si au préalable on a associé ce nom à la représentation visuelle de cette personne. A l’évocation du nom il suffit de se remémorer mentalement la personne pour l’identifier. Dans le monde spirituel le mode d’identification-reconnaissance par mémoire visuelle ne fonctionne pas puisque il ne peut y avoir de représentation physique. Les entités spirituelles se manifestent à nous par des sensations, des sentiments mais aussi par des états de conscience particuliers que nous ressentons dans des moments particuliers (voir la notion de « Numineux » chez C.G. Jung). Ainsi donc le nom d’une entité spirituelle ne peut être associé à un son ou une image mentale mais plutôt à un ressenti. Il s’agit d’une perception qui ne met pas en jeu nos sens biologiques. Elle se manifeste tout de même par une sensation physique au niveau de la poitrine et l’on peut travailler cette sensibilité pour développer une relation plus intense avec les entités de lumière.

Si nous pouvons entrer en contact avec des entités spirituelles c‘est parce qu’en nous il existe un « espace spirituel » qui est en quelque sorte un lieu d’échange. Appeler l’esprit d’une personne qui a eu une existence terrestre se fait par la pensée du nom terrestre de cette personne et aussi par la visualisation mentale de son image, d’où l’importance de l’iconographie pour ceux qui prient le Christ ou des personnages de la Bible et qui ont besoin d’un support pour cela. Pour ce qui est d’entrer en contact avec un pur esprit comme l’Esprit Saint, le Père créateur, nous n’avons point de repères accessibles à nos sens physique. Ces contacts ne peuvent se réaliser que parce que nous pouvons développer en nous des sens spirituels.

Notre conscience supérieure ou Esprit est unique et n’est pas un sous-produit de notre corps biologique. Nous avons l’intime conviction que ce qui fait notre identité est notre Esprit. Cette conscience-personne-Esprit a une histoire, une structure, des dimensions, un rapport à l’Etre qui est du domaine de l’intime relationnel et surtout, elle est évolutive. C’est tout cela notre nom ou plutôt notre Nom.

Le Nom de Dieu

Il n’est pas nécessaire d’être un grand théologien ni même un petit pour constater que le mot « dieu » ne veut rien dire. On l’utilise pour désigner le créateur du ciel, de la terre et de tout ce qui existe. Depuis les débuts des civilisations humaines sédentaires, les dieux et les déesses sont adorés lors de cérémonies rituelles organisées dans des temples par des prêtres ou sacrificateurs dans le but d’obtenir pour le peuple des avantages, des biens, des guérisons, de bonnes récoltes, la rémission des fautes,… Ce mot me semble trop usé et trop galvaudé pour être utilisé en voulant définir une réalité que l’on ne connaît pas. C’est pour cela que, pour ma part, je ne l’utilise qu’à de très rares occasions.

Etant donné cette réserve, comment pourrait-on nommer le Divin Ineffable, cette réalité qui nous est largement incompréhensible ? L’ancien testament nous propose principalement deux noms pour Dieu : Elohim et YHWH. Elohim, qui est un pluriel, peut se traduire par « Dieu dans sa diversité créatrice ». YHWH, qu’on appelle aussi « Tétragramme » n’est ni traduisible ni vocalisable. Pour le nommer les juifs utilisent le mot Adonaï (Seigneur) ou Hachem (le Nom) ou « Le Saint béni Soit-Il ».

Dans l’exode, Moïse reçoit la révélation du nom divin qui est : « Ehieh Asher Ehieh » que l’on traduit généralement par « Je Suis Celui qui Est ». Ce nom est assimilable à « l’Eternel » car le terme « Celui qui Est » situe le divin dans l’éternel présent. D’ailleurs des traductions en français de la bible hébraîque traduisent YHWH par l’Eternel. Le nom « l’Eternel » est très signifiant pour qualifier le fait que le divin transcende le temps. Si par ailleurs on veut exprimer que cet Eternel est la source de la Vie on pourra le qualifier de Vivant. Le Nom peut alors s’énoncer « Eternel Vivant ». Ajoutons encore le mot Saint pour exprimer sa Sainteté absolue et aussi le mot Amour pour exprimer sa nature la plus profonde. Cela donne : Eternel Vivant Saint Amour. Mais allons encore plus loin. Le Christ nous a enseigné que, vis à vis de nous, le Divin Créateur est Père et il nous a demandé de l’appeler ainsi. L’apotre Paul nous dit aussi que l’Esprit Saint développe en nous une relation filiale avec le Père qui nous pousse à crier « Abba » (Père en hébreu). Alors nous pouvons considérer que le nom : Abba-Eternel-Vivant-Saint-Amour nous rapproche beaucoup plus de la réalité divine que le nom « Dieu ». Faites l’expérience, invoquez le créateur en l’appelant « Dieu » et appelez-le en disant « Abba » et vous verrez la différence.

Abba est notre imaginateur, notre concepteur. Sa création est en cours car la « génèse » est une œuvre intemporelle. Nous ne savons pas quel est la finalité de son projet pour nous mais soyez sur qu’il est grandiose et c‘est pourquoi nous devons y adhérer sans conditions. La sainteté à laquelle nous sommes appelés n’est pas un état final statique et définitif mais plutôt le début d’une aventure sans fin de réalisation du projet divin. Que restera t-il de notre conscience-personnalité de maintenant lorsque nous aurons accompli ce projet ? Pas grand-chose. La seule chose qui importe est de croire que le « maintenant » de notre existence est crucial pour la suite car c’est maintenant que nous devons dire « oui » au projet divin qui nous donne un Nom.

Le nom du Christ

Quasiment tous, nous appelons le Christ « Jésus » sans savoir ni s’intéresser au fait que ce nom est le résultat de plusieurs traductions successives.

En effet, le nom hébreu d’origine est Yeshua (que l’on prononce Yeshoua). Les grecs, pour des raisons que seuls les érudits connaissent, ne peuvent pas ne pas mettre un « s » à la fin d’un nom propre masculin mais surtout pas un « a » qui est réservé aux prénoms féminins. Ils ont donc fait sauter le « a » pour le remplacer par un « s » . De plus, le son « sh » n’existant pas dans leur langue ils ont utilisé le « s ». Ce qui donne : Iesous (Ιησούς). Les latins ont repris le grec pour former le nom Iesus qui se prononce comme le nom grec. Ensuite les gaulois, francs et français ont remplacé le « i » par un « j » pour donner Jesus, prononcé « Jézu ».

Dans le fond cela n’a pas d’importance d’utiliser « Jésus » en français puisqu’on fait comme ça depuis l’antiquité mais si l’on réfléchit un peu on découvre que le nom hébreu est le seul nom signifiant puisqu’il veut dire « Dieu sauve » ou « YHWH sauve ». L’action divine du salut est inscrite dans le nom « Yeshua » (ישוע). C’est un nom de puissance et il n’est pas anodin de le prononcer ou de l’invoquer car il est rempli de force divine. Dans Luc 1.26-38 l’ange Gabriel parle à la jeune vierge Marie et lui dit en hébreu ou araméen « voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Yeshua ». Lorsque plus tard Marie appelait son enfant, elle prononçait son nom de Yeshua. Plus tard encore ses disciples l’appelaient Yeshua Ha’Mashia (Yeshua le messie) et les autres juifs l’appelaient Yeshua Ha’Notzri c’est à dire Yeshua le Nazaréen.

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