Ecouter la parole et la mettre en pratique
Dans notre cheminement vers le Royaume il est fondamental de prendre connaissance, de comprendre les paroles de Yeshua, de les mettre en pratique dans notre vie de tous les jours et de les méditer profondément. En d’autres termes, il est essentiel d’accomplir sa volonté qui est également celle du Père. Cette volonté s’exerce dans chaque acte de notre existence en Lui. Il nous appelle à vivre dans sa volonté, en permanence. Mais aussi et surtout cette parole nous informe sur la réalité du monde divin, le Royaume des Cieux et la Vie éternelle que nous sommes appelé à découvrir.
Prendre connaissance de sa parole et de sa volonté passe par la lecture des évangiles. Mais, bien entendu, il ne s’agit pas d’une lecture ordinaire, c’est à dire sans comprendre le sens profond de ces paroles qui nous enseignent sur sa pensée. A partir du moment où nous avons rencontré Yeshua et que nous lui avons dit oui nous possédons deux sources d’informations et d’enseignements sur cette pensée : les textes écrits avec leurs commentaires et analyses effectués par les « connaissants » qui font ou on fait autorité en la matière et le dialogue intérieur avec Yeshua. Les deux sources ne sont pas exclusives mais complémentaires.
Attention à ne pas confondre le dialogue intérieur entre Yeshua et nous avec ce que les ésotéristes appellent le « channeling » c’est à dire le contact sensoriel ou mediumnique avec des entités spirituelles. Il s’agit là de techniques de communication telles que l’écriture automatique ou la perception de voix qui ne garantissent absolument pas l’origine ni l’identité présumée de leurs sources. Parmi ceux qui ont des « révélations » privées avec des personnalités spirituelles de haut niveau (le Christ, Dieu le Père, La Vierge Marie, l’archange Saint Michel et autres), certains reçoivent des enseignements vrais, d’autres moins vrais et d’autres pas vrais du tout. L’outil le plus affûté nous permettant de juger la qualité d’une révélation privée c’est le discernement. Ce discernement va prendre appui sur un principe : l’utilité de l’information fournie pour notre évolution spirituelle, c’est à dire sa capacité à dévoiler des enseignements utiles qui complètent ou donnent plus de valeur à la révélation évangélique tout en en respectant le message essentiel de cet évangile.
Dans les faits, regardons simplement si cet enseignement privé est compatible avec les écritures du nouveau testament. Cette compatibilité ne signifie pas une adéquation totale avec la lettre mais avec l’esprit des écritures. D’où l’importance d’une présence en soi de Yeshua et de l’Esprit Saint qui vont pouvoir nous guider dans notre jugement à partir de l’intuition et de la réflexion critique.
Cette intuition est le mode d’échange privilégié avec Lui car elle se situe au niveau le plus intime de notre âme, c’est à dire dans notre Esprit. Dès que nous avons donné pouvoir à Yeshua de nous enseigner et de nous guider. Il faut savoir que même notre intuition peut nous tromper. En effet, selon nos états de conscience, nous pouvons être relié ou non à la vrai pensée de Yeshua. Plus nous avons purifié notre âme-conscience, plus nous nous rapprochons d’un état de « sainteté », plus notre intuition sera conforme à la vérité en Yeshua.
Les textes des évangiles sont la composition de deux ensembles distincts : les paroles de Yeshua et tout ce qui n’est pas les paroles (descriptions contextuelles et narrations des auteurs). Seules les paroles nous intéressent dans cet article. Dans les paroles distinguons aussi deux catégories : les informations directes et les indirectes. Les directes font références aux sermons, exhortations, prophéties et paroles courantes prononcées par Yeshua. Ce sont des informations qui sont directement assimilables par n’importe quel public. Les indirectes concernent les paraboles qui sont des enseignements comprenant en général deux sens : le sens premier (littéral) et le sens caché (éventuellement à plusieurs niveaux d’interprétation) non assimilable sans un véritable engagement de disciple et l’enseignement approfondi qui va avec.
Pour illustrer la thèse des deux sources de compréhension des paroles, celle de la lecture ou de l’écoute des évangiles et celle de la réflexion personnelle en utilisant l’outil « intuition-prière guidée par Yeshua ». Prenons un exemple concret qui est celui d’une tentative personnelle de compréhension des trois paraboles : « la brebis perdue », « les dix pièces d’argent » et « le fils prodigue » dans Luc chap. 15 que j’ai faite il y a quelques temps . Ces trois paraboles se suivent:
« Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une, n’abandonne-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ? Quand il l’a retrouvée, il la prend sur ses épaules, tout joyeux, et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue. Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion. »
Le sens premier de la parabole est évident et c’est Yeshua qui nous le donne, à savoir que la conversion d’un seul pécheur donne plus de joie dans le ciel que 99 justes qui n’en ont pas besoin. Cela semble si évident que nous ne cherchons pas plus loin d’autres interprétations de cette parabole. Tout au plus nous sommes un peu intrigué par l’usage des nombres 100, 1 et 99 mais pas au point de rechercher un autre sens au texte.
Si nous continuons la lecture du chapitre 15 nous avons :
« Si une femme a dix pièces d’argent et qu’elle en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ? Quand elle l’a retrouvée, elle rassemble ses amies et ses voisines pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !” Ainsi je vous le dis : Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »
Même sens premier: avoir retrouvé la pièce d’argent équivaut sur le plan spirituel à la conversion d’un pécheur et à une grande joie dans le ciel. Mais aussi, même présence étonnante de nombres (1, 9,10)
Le texte suivant du chapitre 15 est la parabole du fils prodigue que l’on ne va pas reproduire intégralement ici mais dont voici le résumé :
Un homme avait deux fils – Un jour le plus jeune lui demande sa part d’héritage pour vivre seul sa vie en quittant son père et la maison de son père – Le père accepte – Une fois dehors il dilapide son héritage dans une vie de débauche et se retrouve sans ressource – il dégringole dans l’échelle sociale et devient gardien de porcs sans même pouvoir manger leur nourriture – Il prend conscience de sa déchéance et décide de retourner chez son père – Le père accueille avec joie le retour de son fils et décide d’organiser une grande fête pour cette occasion – Le fils aîné reproche alors à son père d’être aussi généreux avec son frère car, pour lui son père récompense l’infidélité du cadet alors que lui, l’aîné, à toujours été fidèle en tout – Le texte se termine par ces mots : « Le père répondit : Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir, car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé »
La aussi le sens premier est simple à découvrir, le retour du fils cadet est considéré par le père, c’est à dire le ciel, comme supérieur en valeur, en joie, à sa présence dans la maison avant son départ.
Ainsi donc voici trois paraboles dont le sens principal est le même : le retour du pécheur au ciel, au Père, est un évènement qui surpasse en valeur la présence de ceux qui y sont déjà. En d’autres termes la perte d’un élément (une brebis pour le berger, une pièce d’argent pour la femme, un fils pour le père) est un évènement si « douloureux » pour le « ciel » que le retour de cet élément en son sein lui apporte une joie supérieure à ce qu’était la situation avant la perte.
En affinant un peu plus cette vision des choses nous constatons qu’il y a l’avant, le pendant et l’après sur le niveau de joie du « ciel ». L’évènement central de ces trois paraboles c’est la perte d’un élément dans un ensemble donné. Regardons les deux premières paraboles qui sont les plus pertinentes dans cette analyse. Avant la perte, le niveau de joie est, supposons le, de 100 pour le propriétaire du troupeau et de 10 pour la femme qui possède dix pièces d’argent. Pendant la perte, le manque induit par cette perte abaisse leur niveau de joie à une valeur inférieure à 100 et inférieure à 10 respectivement. Dans une logique cartésienne on pourrait dire que leur indice de satisfaction est passé de 100 à 99 et de 10 à 9. Mais en fait, leur joie devient très inférieure à ces niveaux, voire négative car dès lors, l’obsession de retrouver ce qui est perdu s’apparente à une souffrance. Après la perte et la recherche effrénée, c’est la découverte de ce qui était perdu et donc le retour à l’état initial. Mais ce retour à l’état initial s’accompagne d’une joie telle pour le propriétaire du troupeau et pour la femme qu’ils la partagent avec leurs amis. Ce niveau de joie du retour dépasse de loin le niveau initial de 100 et de 10.
Voici maintenant un complément de compréhension de ces paraboles que j’attribue à la présence de Yeshua en nous qui génère un « affinement » complémentaire de cette compréhension par le jeu de l’intuition et l’action du Saint Esprit.
Si nous revenons aux nombres évoqués dans ces paraboles, posons nous la question suivante : Quel est le nombre de l’élément qui est perdu ? Réponse, c’est le nombre UN. Et pourquoi ce nombre a-t-il une valeur aussi fondamentale ? C’est parce que c’est le nombre de l’unité divine, le EHAD hébreu s’écrivant avec la lettre א (aleph). Perdre le UN c’est perdre la partie essentielle et principielle de ce qui constitue le tout. «Écoute, Israël, l’Éternel, notre Dieu, l’Éternel est UN » (Deutéronome 6-4). C’est pour cela que ces paraboles parlent de une brebis et de une pièce d’argent et non pas deux ou trois. Par ailleurs, 100 est un chiffre qui comme 10 représente chez les hébreux la plénitude et la plénitude du 100 vaut dix fois celle du 10. Comme les israélites utilisaient leurs mains et leurs doigts pour compter (comme tous les autres peuples de l’antiquité), ils pouvaient compter jusqu’à 99 avec la main gauche mais pour compter 100 il fallait passer à la main droite. Passer des dizaines aux centaines est un changement de dimension, c’est le passage de la main gauche à la main droite, c’est le passage d’un état spirituel à un autre, d’un niveau d’évolution à un autre. De même en est-il du passage du 9 au 10, des unités aux dizaines. Le propriétaire des brebis comme la femme aux pièces d’argent recherchent avec force la brebis UN et la pièce UN qui leur permettra de retrouver la plénitude qui était la leur avant la perte. Mais ce retour à la plénitude par le UN se fait avec un supplément substantiel de bonheur et de joie. Ce n’est plus la même plénitude. Celle qu’ils ont retrouvée dépasse de loin la précédente.
Ce n’est pas de posséder 102 brebis ou 13 pièces d’argent qui est important, c’est d’en avoir le nombre « juste » qui correspond à la plénitude, à la perfection.100 pour les brebis et 10 pour les pièces.
Le « ciel » et nous les hommes devons former un tout, un ensemble parfait géré par les lois de l’harmonie. Dans cette perspective la plénitude représente l’harmonie finale qui peut être assimilée au 1 au 10 au 100 au 1000 etc… L’homme qui a quitté le bercail céleste chamboule en quelque sorte l’harmonie du ciel et crée un manque dans son unité primordiale. Son retour est célébré avec intensité pour ce qu’il régénère la plénitude, l’harmonie de l’organisation divine. Autrement dit, l’unité divine qui vaut UN, DIX, CENT à besoin pour se réaliser de l’intégration en son sein des unités individuelles dispersées qui valent UN. Le UN individuel doit se réaliser en passant de la dispersion à l’intégration afin de réaliser le UN divin dans sa plénitude du 10, 100, 1000, etc…
Il en est de l’harmonie du « ciel » et la joie induite par cette harmonie tendent inexorablement vers un état de perfection, de maximisation de cette perfection, sur la terre comme au ciel dans un processus interactif permanent.
Autant les deux premières paraboles mettent l’accent sur l’importance de la plénitude retrouvée par le gain de joie que cela génère, autant la troisième parabole met l’accent sur l’intimité de la relation d’amour que le Père céleste cherche à établir avec les hommes pécheurs afin de retrouver l’union perdue.
Cette union retrouvée avec le père de la parabole n’est plus celle d’avant le départ (la chute, l’exil) elle est différente en ce sens que l’expérience de l’exil du fils cadet génère, en premier, une rupture de l’harmonie primordiale qui régnait dans la maison, donc une souffrance générale et en second, au terme des retrouvailles, une béatitude (la fête, la joie) qui elle, est essentiellement nouvelle. Chaque acteur du drame retrouve la place qui était la sienne avant le départ mais la différence avec l’avant c’est que chacun s’est transformé radicalement. Le fils a réalisé que son père l’aimait d’un amour inconditionnel et cette nouvelle compréhension fait jaillir en lui un amour pour son père qu’il n’imaginait pas quand il l’a quitté. Le père, lui, est formidablement heureux de retrouver son fils mais surtout il retrouve un fils aimant, ce qu’il n’avait pas auparavant.
Concernant le fils aîné, son statut dans la maison n’a pas changé et même il s’est amélioré si l’on prend en compte le fait qu’il possède maintenant la totalité de l’héritage. Mais son rôle dans l’histoire est secondaire, il n’a d’importance que par le reproche final qu’il adresse au père et qui permet ainsi à ce dernier de lui donner sa justification : « il fallait nous réjouir et festoyer car ton frère était mort et il est revenu à la Vie». Cette phrase du père est une affirmation que rien n’a plus d’importance à ses yeux que le retour à la Vie de son fils qu’il compare à une résurrection.
La relation père-fils dans cette parabole est une allégorie de l’amour du Père Éternel pour les hommes. Voyons comment cet amour se manifeste au travers du texte.
Le fils cadet demande sa part d’héritage pour quitter la maison du père et mener sa vie comme il l’entend. Le père l’écoute, ne lui fait aucun reproche et accepte son départ. Il devait savoir que cette demande lui serait faite un jour car il sait que son fils, fondamentalement, n’est pas heureux avec lui et que s’il veut partir à l’aventure c’est pour s’extraire de la monotonie de sa vie actuelle et vivre selon sa volonté à lui pour découvrir le vaste monde, ses plaisirs et ses jouissances. Soit il refuse de lui donner ce qu’il demande et s’assure ainsi une sorte de sécurisation par rapport au risque de perdre son fils mais, de ce fait, il ne règle pas le problème de fond qui est l’immaturité du fils et son manque d’amour pour lui ; soit il accepte son départ mais prend le risque de ne plus jamais le revoir.
Le dilemme est terrible : choix un, il refuse la demande du fils et il le garde avec lui mais ne sera jamais aimé par lui comme il le souhaiterait ou choix deux, il l’autorise à partir en sachant qu’il risque de le perdre définitivement mais que, si par chance il revient, alors son fils lui donnera l’amour qu’il a toujours désiré.
Est-ce que cette situation est transposable à l’amour du Père divin pour les hommes ? En d’autres termes, est-ce que le Père créateur qui nous a conçu nous laisse libre de le quitter pour mener une vie en dehors de lui et prend-t-il ainsi le risque de nous perdre à tout jamais ?
La réponse à cette question est d’ordre métaphysique car elle suppose que nous fassions l’hypothèse que notre relation avec le Père divin est préexistante à notre vie terrestre. Sinon la transposition ne peut pas fonctionner. Dans cette perspective, l’extérieur de la maison du père représenterait le monde de l’incarnation et de l’espace-temps dans lequel nous avons choisi d’aller. En poursuivant cette idée, nous constatons que Yeshua, en nous donnant cette parabole, nous éveille en quelque sorte à la réalité de notre nature primordiale qui est que nous sommes les fils et filles perdus de la maison du Père Céleste et que notre « exil » ne nous sera pas compté à charge par le Père dès lors que nous décidons de revenir à lui .
L’enseignement fondamental de Yeshua qui transparaît dans ce texte est que, d’une part, l’amour du Père Éternel pour les hommes est inconditionnel et n’a rien à voir avec une comptabilité causale à savoir : mal-péché-transgression engendre un châtiment et bien-vertu-justice-obéissance engendre une récompense ; et d’autre part, cet amour fait apparaître la notion de liberté de choix pour les hommes sans laquelle il ne peut pas vraiment exister. La liberté est la composante essentielle de l’amour du Père pour ses créatures qui peuvent choisir de le quitter, de ne plus l’aimer, de le rejeter ou bien de revenir à lui. Comment, en effet, pourrait-il en être autrement ? Sinon considérer que le créateur se satisferait d’un « pseudo » amour, automatique ou contraint ?
Savoir que le divin créateur, le Père, veut être aimé par nous d’un amour libre et sans contraintes est une révélation que nous pouvons avoir du mal à digérer lorsque nous en tirons toutes les conséquences.
En effet, si nous faisons nôtre cette proposition alors quid de la « crainte de Dieu », du « jugement dernier », de la « peur de l’enfer » et bien d’autres concepts du même genre qui, dès lors, peuvent être vus comme des contraintes limitantes, qui nous enlèvent la liberté nécessaire à la haute qualité de l’amour avec lequel notre Père désire être aimé.
Pour revenir au sujet défini dans le titre de l’article qui est la mise en pratique de la parole, l’assimilation de la pensée de Yeshua à travers cette parabole doit nous amener à orienter notre vie de tous les jours au fait que Abba notre Père mais aussi l’Esprit Saint nous aiment d’un amour inconditionnel tel que décrit dans le texte.
Lorsque l’on réalise, par une prise de conscience, la qualité et l’intensité de cet amour pour nous, une des premières choses que l’on décide de faire c’est d’essayer d’y répondre avec toutes les bonnes intentions dont nous sommes capables. En premier lieu, l’intention essentielle est la volonté de retourner au Père, c’est à dire de créer, dans notre Esprit, par notre libre choix, un espace de présence ou « temple » ou «tabernacle » dans lequel nous allons pouvoir établir une relation intime avec lui. Cet espace est notre « nouvelle » réalité spirituelle, c’est la graine qui a germée et qui est devenue un arbre, c’est la réalisation du plan divin en nous dans le monde qui est le notre, c’est là le retour au Père. Mais bien sûr, l’architecte de cette édification spirituelle, c’est Yeshua, par qui tout se réalise.
Ainsi donc, la lecture, la méditation de ces paraboles en la présence active de Yeshua nous conduit à nous transformer. Les deux premières nous enseignent sur la réalité de l’harmonie pré-existante dans le « ciel » entre nous et la Source de Vie qui nous a créée. Cette harmonie a subie, de notre fait une perte, une rupture et , dès lors que nous en sommes conscient, il nous appartient de la rétablir à nouveau. Cette rupture n’est pas mauvaise en soit car elle devient le moteur, par le processus de la rédemption, d’un rétablissement de la plénitude divine qui génère un supplément de joie dans le « ciel ». Si maintenant nous admettons que le « ciel » est en nous, le retour de l’harmonie se déroule aussi en nous par l’élaboration de notre temple intérieur. Regardons encore les deux paraboles : La rupture d’harmonie est exprimée par la perte d’une brebis sur 100 et d’une pièce sur 10. La recherche de la brebis perdue et de la pièce perdue est un effort important à mettre en œuvre pour celui ou celle qui possédait les 100 ou les 10. Cet effort est inversement proportionnel au montant de la perte, soit 99 pour 1 dans le cas de la brebis et 9 pour 1 dans le cas de la pièce. En transposant cela à notre réalité spirituelle, la chose, la qualité, le bien qui nous manque pour rétablir l’harmonie avec le divin va nous demander 99 ou 9 fois l’effort que nous avions produit pour obtenir les100 ou 10 biens initiaux. C’est cette disproportion dans l’effort qui procure la joie dans le ciel. Par cette constatation, nous devons nous attacher sérieusement à découvrir ce qu’il nous manque pour retrouver notre état initial de 100 ou de 10 et le chercher intensément en nous.
Concernant la troisième parabole, la découverte, à travers elle,de la finalité fondamentale de notre existence terrestre qui est le retour au Père doit déboucher sur un changement radical de vie. Le fils cadet, après avoir dilapidé tous ces biens, fait l’expérience de la déchéance, de la solitude et de la perte de son état de fils aimé quand il était avec son père. Il perd aussi l’estime qu’il avait de lui-même en se retrouvant dans une situation de quasi esclave. Prenant conscience de son état déchu il se relève et décide de retourner chez son père. En ce qui nous concerne, la prise de conscience du fils est assimilable à la constatation de notre déchéance spirituelle et à notre qualité de fils/fille perdu. Bien sûr, il nous est impossible de nous souvenir de notre « ancienne » vie dans la présence du Père mais la parabole est là pour nous signifier que nous aussi, à l’identique du fils cadet, dès que nous décidons de nous lever et de retourner au Père, nous sommes de ce fait attendu par lui dans le Royaume des cieux. Et comme on l’a vu précédemment, ce Royaume, ce lieu de rencontre est en nous, édifié pour nous, par Yeshua et par l’Esprit Saint afin de pouvoir recevoir le Père et de devenir le lieu de la rencontre.
Que veut dire aimer Dieu de tout son coeur ?
La parabole du fils perdu nous est donnée afin que nous mettions en œuvre une action de retour au Père.
C’est ainsi que nous mettrons en pratique la parole de Yeshua. « En pratique » il est nécessaire de posséder une forte motivation pour ce retour et de fait, cette forte motivation dépend de l’intensité de notre « désir » du Père que nous pouvons traduire par « amour du Père ». Mais qu’est-ce donc que cet amour ?
«Écoute, Israël, l’Éternel, notre Dieu, l’Éternel est UN Béni soit à jamais le Nom de Son règne glorieux. Tu aimeras l’Éternel ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de tous tes moyens» Deutéronome 6, 4-9
Tel est le « Sh’ma Israël » en français « Écoute Israël » que Yeshua reprend pour signifier quels sont les commandements qui résument toute la Torah et les Prophètes :
« Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. » C’est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : « Tu aimeras ton prochain comme toi même. » » (Matthieu, chapitre 22).
Nous savons tous aimer les personnes qui nous sont chères : notre conjoint, nos enfants, nos parents, nos amis. En général ces personnes nous aiment aussi. Nous leur faisons du bien et elles nous font du bien. Bien que certains soient dénués de toute forme d’amour pour qui que ce soit, nous, l’immense majorité des humains ressentons l’amour comme un sentiment qui se traduit par la joie et le bonheur d’être proche physiquement des êtres aimés. Mais nous savons aussi que cet amour est fragile car, si pour une raison quelconque, l’un de nos proches aimés nous fait du tort, nous pouvons très bien ne plus l’aimer du jour au lendemain et même ressentir de la détestation ou haine à son égard. Ainsi donc cet amour humain de base est fragile du fait qu’il est lié à des conditions d’existence qui sont aléatoires. J’aime quand tout va bien : bonne entente, rapports cordiaux, respect réciproque, partage de bons moments mais je n’aime plus quand les choses se gâtent : disputes, rancœurs, jalousies, conflits d’intérêts et bien d’autres.
Il est donc évident que ce n’est pas avec cet amour là que nous devons aimer l’Éternel, qui est Vivant, Saint et Amour ni notre prochain au sens de l’évangile. Nous savons aussi par la connaissance des textes de la bible que le Père aime ses créatures d’un amour immense et inconditionnel. C’est à dire qui ne dépend pas de conditions fluctuantes quelconques ni des aléas de la vie.
Bon, alors, comment fait-on ?
Si nous reprenons la phrase : « tu aimeras de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta pensée » nous pouvons dire que cette qualité d’amour là n’est pas humaine ou tout du moins qu’elle semble hors de portée de la quasi totalité des humains ordinaires. Si donc nous voulons aimer le Père selon ce que nous demande Yeshua nous ne pouvons pas être ou rester des humains « ordinaires » ou « naturels » car nous ne pouvons pas non plus nous forcer ou faire semblant d’aimer avec cette intensité si cela nous est impossible du fait de notre nature humaine avant le retour au Père. De plus, même avec la meilleure volonté, ceux qui disent croire en Dieu reconnaissent avec honnêteté qu’ils ne peuvent l’aimer autant que ce qu’il faudrait tout simplement parce qu’ils ne le connaissent pas. Comment en effet aimer quelqu’un qui n’est pas visible, que l’on ne voit jamais et qui semble tellement lointain que la relation avec lui n’est pas envisageable.
Ce constat étant fait, regardons maintenant la révélation que nous propose d’assimiler Yeshua à partir de ces paroles tirées de l’évangile de Jean ch.14 :
Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. » Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes.
« Je suis dans le Père et le Père est en moi ». Voilà la solution au problème de savoir comment aimer Dieu.
En effet, autant il est assez compliqué d’aimer une personne totalement spirituelle et qui échappe à nos sens, autant il est aisé d’aimer une personne telle que Yeshua qui a été homme, qui a parlé et qui se manifeste à nous. La rencontre avec Yeshua nous ouvre de fait les portes de la connaissance du Père. Si il fait sa demeure en nous alors le Père le fait également, du fait que Yeshua et son Père sont indissociables. Le Père créateur, dans sa personne, nous devient intime comme l’est Yeshua.
Nous avons vu également que cette présence en nous de Yeshua, à partir de la rencontre avec Lui et du franchissement de la porte étroite par notre engagement, se développe et nous accompagne dans l’évolution de notre âme-conscience à l’image d’un germe qui pousse dans la terre fertile. Cette croissance du germe est l’oeuvre de l’Esprit Saint. Lorsque ce germe est devenu une plante bien enracinée dans notre Esprit nous sommes sur le chemin de la sanctification, sur le chemin de la ressemblance avec Yeshua (MiKaYeshua) et l’Esprit Saint nous dévoile alors notre nature de fille/fils du Père. A partir de là nous pouvons légitimement nous tourner vers le Père et l’appeler « Abba » comme Yeshua.
Le «Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée» devient alors complètement naturel au point que nous ne pouvons plus imaginer de ne pas l’aimer ainsi.
Il en va de même avec nos prochains que nous voyons avec d’autres yeux et apprécions avec un autre coeur. Nous découvrons ce qu’est le vrai amour-compassion pour les autres qui implique une toute nouvelle attitude envers eux.
Une fois Yeshua en nous, ce que nous éprouvons pour les personnes que nous côtoyons s’apparente à de l’amour humain mais est beaucoup plus que cela. Le prochain m’apparaît comme un autre moi-même, désiré par Yeshua, par le Père et par l’Esprit Saint au même titre que moi. Je me réjoui fortement de sa présence dans le Royaume divin, si tel est le cas, et je suis attristé dans le cas contraire au point de vouloir l’amener à Yeshua pour qu’il le transforme et le convertisse à l’amour divin. Nous ne jugeons plus les autres même si nous prions pour que la justice règne sur la terre mais l’autre devient le frère ou la sœur qui est notre compagnon de route sur le chemin qui mène au Royaume.